Richard Duret

Qu'est-ce qui t'a amené à faire de la photo abstraite?

J’ai toujours été séduit par la photo abstraite et l’art abstrait en général. C’est la marche qui m’a amené vers la photo abstraite. Je fais régulièrement de longues promenades dans le quartier ou sur le Mont-Royal, toujours accompagné de mon appareil photo ou de mon téléphone. À force de faire et de refaire les mêmes photos dans des décors semblables, j’ai commencé à m’attarder de plus en plus aux formes, aux lignes, aux couleurs, à composer avec différentes lumières, à découper le réel, à jouer avec mes objectifs ou la caméra, à faire des interprétations beaucoup moins littérales et finalement à concevoir des images où le sujet devenait carrément secondaire. C’est une approche qui me sert aujourd’hui dans la plupart de mes projets photographiques.

Quelle serait pour toi la définition d'une photo abstraite ?

Le jury n’a toujours pas rendu son verdict. Pour moi, c’est d’abord une évocation qui n’a rien à voir avec le réel, ou si peu. Le sujet peut être ou ne pas être identifiable, mais l’image suggère, plutôt qu’elle ne décrit. L’image abstraite est une création de son auteur, peu importe le matériau de base, le sujet, l’objet, la texture, la lumière, l’objectif, les manipulations, de l’appareil photo... Il s’agit d’une conjugaison d’imagination, d’émotion et d’interprétation. N’importe quoi peut servir pour créer une photo abstraite, mais une photo abstraite n’est pas n’importe quoi. Dans tous les cas, la composition reste importante comme dans tout autre type de photo. C’est parfois même plus difficile parce qu’on n’a pas de sujet identifiable.

 Pourquoi l'abstrait ?

L’abstraction n’est qu’une partie de ce que je fais en photo, mais elle est drôlement importante. C’est pour moi un exercice de créativité, ou un jeu d’imagination qui renforce mon regard et m’aide à composer et à créer d’un œil différent. C’est une façon de pousser les limites de ma démarche créatrice.  Et ce qui n’est pas négligeable, on peut en faire partout et en tout temps. J’en fais en voyage comme sur le comptoir de cuisine.

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